Encore
Par une rupture, c’est ainsi que notre histoire devait se terminer. Pudiques, réservés, assis face à face à cette terrasse de café, nous nous regardons, nous observons, comme deux inconnus, rompant ainsi le dernier lien pouvant nous unir. D’un nous finissons par redevenir deux. Tu me dis que c’est mieux ainsi, mieux pour nous deux. Toujours ce chiffre deux pour contrecarrer ce nous que nous pensions unique. Je te réponds que oui, effectivement, c’est mieux ainsi. Je te souhaite d’être heureuse et je suis sincère. Je veux que tu sois heureuse. Mais moins fort, moins vite que moi. Nous sommes deux à présent et chacun de nous veut s’accaparer la plus grande part de bonheur. Nous ne le partageons plus, nous nous l’arrachons. Je t’embrasse sur la joue. Tu baisses les yeux et me murmure bonne chance. Quel moment calme que la rupture, on en oublierait presque l’avant.
Ca se termine toujours par une rupture, mais avant les disputes se sont déchaînées . Ces cris que tu poussais, ces portes que je claquais. Les remarques désobligeantes, les insinuations sournoises, les insultes humiliantes. Toutes ces joutes verbales pour se persuader que nous valions mieux que l’autre. Toutes ces phrases tranchantes pour couper les liens qui nous enserraient, nous opprimaient, nous emprisonnaient l’un à l’autre. Physiquement nous étions déjà séparés. Depuis deux mois, tu n’avais plus envie de moi. Depuis trois mois, je découvrais d’autres corps. Mais depuis longtemps déjà, nous nous évitions, nous contournions.
Ca se termine toujours par une rupture après que les disputes aient brisé les dernières chaînes. Pour les premières, le doute s’en est chargé. Ce doute qui, tel un silencieux serpent, s’est immiscé sournoisement entre nous deux, sans même qu’on ne puisse s’en apercevoir. C’est arrivé furtivement, progressivement, comme suivant la logique d’un scénario sadique dont nous n’avions connaissance. Tes manies qui m’avaient tant charmé ont commencé à m’agacer, mon assurance qui te rassurait a fini par t’angoisser. Nous nous sommes regardés différemment. Peut être plus clairement. Sans doute t’ai-je alors regardé réellement plutôt que de me voir dans ton regard. Ce regard dans lequel je ne me reconnaissais plus. Le un que nous étions, rongé par le doute, commençait déjà à s’effriter. A suggérer les deux parties dissimulées derrière sa fragile enveloppe.
Ca se termine toujours par une rupture, après que les disputes aient brisées les dernières chaînes ; pour les premières, le doute s’en est chargé. On en oublierait presque avant, il y avait de l’amour. Un amour qui nous semblait inconditionnel. Intemporel. Indestructible. Comment aurions-nous pu savoir ? Cet après-midi d’été dans le jardin du Luxembourg quand je t’ai aperçue, assise sur une chaise face au bassin alors que tous les autres lui faisaient dos, j’ai vraiment cru que c‘était toi. Que c’était moi. J’ai cru me reconnaître dans ton regard. A présent je sais que ce n’était qu’un mirage, un bien trompeur mirage. Pourtant nous y avons cru. Nous y avons cru tellement fort que pendant un moment, nous nous en sommes persuadés. Pendant un long moment, nous nous sommes aimés.
Mais cela se termine toujours par une rupture, une fois que les disputes ont brisé les dernières chaînes. Pour les premières, le doute s’en est chargé ; il a été le premier,à ronger cet amour que nous pension indissoluble. Mais avant l’amour qu’y avait-il ? Et bien, cela commence toujours par une rupture. Libérés de ces chaînes dans lesquelles nous nous étions emprisonnés, nous redevenons libres. Nous nous sentons également plus forts, plus confiants. Avec la certitude que la prochaine fois nous ne nous tromperons pas. Pris dans ce nouvel élan, nous en arrivons même à oublier que tout cela se terminera forcément par une rupture.
13/08/08 - 22:03
Oh, ze come back de nyc?
C'est ton mec qui t'a retenu en otage ou quoi? Avec Ingrid, c'est la saison des libérations en ce moment!
mickych