18/08/2007Histoires d'eaux (1)J’étais franchement vexé par ce qui venait de se passer et à vrai dire je ne savais plus trop quoi faire pour terminer de manière plus agréable cette soirée, évidemment le soir où Jérôme n’était pas disponible. Il n’était pas très tard, cependant les rues étaient à moitié vides, il faisait encore froid. Le ciel était vide, c’était la nouvelle lune, et je marchais dans cette nuit inutile et sans âme. Je pris alors Sebastopol pour me rendre dans un sauna où au moins il ferait chaud. En fait, c’était même le seul sauna potable qu’il restait. Celui dans lequel je rendais auparavant avait fermé après un incendie. D’ailleurs j’aurais vraiment aimé voir la tête des mecs entrain de se sucer dans le hammam quand el feu s’était déclaré, au moins la lumière des flammes leur aurait permis de voir la tête du gars à qui ils étaient en train de tailler une pipe et je me demandais si dans certains cas ce n’était pas encore une plus mauvais surprise que l’incendie en lui-même. Devant l’entrée du sauna un mec attendait assis sur un banc visiblement en train d’hésiter pour entrer, ce devait être sa première fois. Ce qui ne l’empêcha pas d’oublier toutes ses appréhensions une fois que j’eus passé le seuil de l’entrée.
La lilloise de l’accueil me donna une clef et une capote, et tandis que je descendais les escaliers pour les vestiaires, je croisais d’autres mecs qui s’en allaient, non sans me mater avec ce regard qui signifiait « merde, si j’avais su je serais resté une demi-heure de plus ». Je me déshabillais tout en regardant autour de moi avec lequel je pourrais éventuellement baiser. Mais si tous les regards étaient posés sur moi, le mien ne se posait sur personne en cet instant. J’allais directement dans le jacuzzi qui était à moitié plein. Je m’asseyais donc à côté de trois désormais incontournables lilloises, d’un gros d’une cinquantaine d’années visiblement passif qui, vautré sur le rebord du jacuzzi, faisait mine se relaxer alors qu’en fait il rendait ainsi plus accessible son cul en attendant qu’un doigt vienne à le trouver. Personne n’allait au sauna pour se relaxer et encore moins pour faire un sauna, il y avait des salles de sport pour cela. Les petites lilloises avaient gardé leur maillot de bain, les allumeuses étaient toujours les plus prudes. Et elles gloussaient joyeusement dans leur bain, jouaient à se tripoter, se racontaient leur déception par rapport à leur dernier plan cul, et surtout elles ne cessaient de me dévisager avec gourmandise même si je savais bien qu’elles ne tenteraient rien. Malgré leurs caquetages et leurs petits cris, la Lilloise n’était pas vraiment téméraire.
Un autre vieux d’une quarantaine d’années entra à son tour dans le jacuzzi. La couleur fut immédiatement donnée lorsqu’en retirant sa serviette il exhiba fièrement un magnifique cockring argenté. A peine entré dans l’eau, il se mit à renifler bruyamment du poppers et commença à se masturber. Du coup je reviens légèrement sur ce que j’ai pu dire à l’instant. On ne vient pas au sauna pour se relaxer mais au moins on fait un minimum semblant, c’est une règle basique de savoir-vivre, on aurait sinon l’impression d’aller au Dépôt. Les trois lilloises ricanèrent de plus belles, mais en y regardant de plus près l’on voyaient bien qu’elles étaient émoustillées, espérant chacune que leurs deux autres camarades sortent du jacuzzi afin de pouvoir se faire défoncer sous poppers sans risquer de se faire juger par leurs copines. Finalement ce fut la plus acnéique des trois qui décida de surmonter sa crainte du qu’en dira-t-on et qui se mit à le sucer en plein milieu du jacuzzi, après comme tout premier contact (drague et préliminaires réunis) une très brève masturbation mutuelle. Il est des moments où le glauque devient franchement écoeurant, c’est à ce moment que je quittais le jacuzzi pour rejoindre les cabines. J’irais plus vite,et cela m’éviterait d’avoir deux laiderons en train de baiser just sous mon nez, au moins à l’étage, ils s’enfermaient.
... suivie d'une soirée ordinaire (4)
Pendant ces dix minutes, le beauf avait eu le temps de terminer sa bière et d’en entamer sérieusement une autre. Son haleine empestait la Stella et il commençait à être vraiment chaud. Ses mains devenaient plus baladeuses, plus assurées, impossible de faire une phrase sans même me toucher. Je me laissais faire, cela restait suffisamment discret pour ne pas risquer de me casser un coup éventuel, et avec un peu de chance, peut être parviendrait il à provoquer chez moi un semblant d’érection. Je crois que je n’avais jamais couché avec un beauf, il est vrai que je préférais les beaux, mais il faudrait un jour que je tente l’expérience histoire de voir ce qu’était un très mauvais coup, qui de plus, j’en suis quasi certain, serait persuadé d’être le coup du siècle.
Sauf que pendant que j’étais en train de réfléchir sur cet intéressant sujet, le beauf avait carrément pris la confiance et me caressait le cul sans complexe. Lorsque j’arrêtais sa main qui tentait de s’engouffrer dans mon pantalon, je levai les yeux et je le vis. Je ne l’avais pas vu entrer, mais pourtant il était là, à peine à deux mètres de moi ; et bien évidemment l’homme inaccessible me regardait. Lorsque mon regard croisa le sien, ses sourcils se levèrent et ses yeux se plissèrent de manière quasi imperceptible, mais c’est bien une sorte de mépris amusé que je lus dans son regard. Puis il retourna à sa discussion avec probablement un de ses amis, qui me tournait le dos. Les coïncidences m’arrivaient finalement rarement, j’avais plutôt l’habitude de provoquer les choses, mais lorsqu ‘elles arrivaient, elles m’étaient généralement malheureuses. Il fallait évidemment que l’homme inaccessible me voit dans un contexte dans lequel il serait amené à penser que j’étais un mec désespéré, qui n’avait rien trouvé d’autre pour prendre son pied que de se laisser tripoter par un quasi quadragénaire ventripotent et à moitié chauve, puant l’alcool et la sueur. Du coup j’envoyais méchamment balader le beauf en lui faisant comprendre que j’en avais fini de m’amuser avec lui. Je me dirigeai vers la sortie le plus discrètement possible en prenant soin d’éviter de croiser à nouveau le regard de l’homme inaccessible et ainsi de subir une nouvelle humiliation. C’est alors que je vis Julien à deux pas de la sortie. A croire que tout le monde s’était donné rendez-vous ce soir pour me faire chier. Je le contournais donc, le plus largement possible que le permettait l’exiguïté du lieu, tout en regardant dans la direction opposée. Il était inutile d’en rajouter en entamant un dialogue inutile. Et je n’avais qu’une envie : me retrouver le plus loin possible du regard de l’homme inaccessible. Il était tout juste vingt deux heures. Et c’était une soirée ordinaire.
11/08/2007suivie d'une soirée ordinaire (3)
Le bar ne désemplissait pas, bien au contraire, les nouveaux arrivants se succédaient semblables aux occupants déjà présents , constamment les mêmes chaussures, les mêmes t-shirts, les mêmes coupes de cheveux, les mêmes sourires et les mêmes regards, à croire que tous les homos avaient été conçus dans le même moule. C’était cela le phénomène de ghetto, croiser en permanence les mêmes individus d’un jour à l’autre, qui de plus étaient pratiquement identiques de l’un à l’autre ; finalement c’était comme si vous croisiez indéfiniment la même personne, il n’était donc pas étonnant de ressentir rapidement une impression de déjà-vu, de tourner en rond, ce dont se plaignaient la majorité des gens du milieu. Mais pourtant ils y restaient. Il faut dire que cette routine les rassurait, après avoir été en quête d’une identité pendant la majeure partie d leur adolescence, voilà qu’on leur en servait une prête à l’emploi sur un plateau imitation argent, il était alors difficile de ne pas céder à la facilité. Les codes du milieu vous dictaient comment vous habiller, quelle musique écouter, quelle expression prendre, de quelle manière parler, quels sujets aborder et quels commentaires exprimer, plus besoin de chercher votre moi, on vous en attribuait un tout-prêt. Alors pour ne pas sombrer trop rapidement dans une profonde lassitude, on avait inventé les changements de mode. Les règles changeaient régulièrement et rapidement, même très rapidement, la difficulté était alors de les suivre car la difficulté du mimétisme c’est que pour rester soi il fallait rester l’autre, si vous étiez différents, vous n’étiez plus. Mais entre risque potentiel d’être has-been et la difficulté de s’approprier sa propre personnalité, la majorité avait choisi. Etre dans le marais était finalement un peu comme être à Gattaca. Ensuite des sous-groupes se formaient dans cette communauté afin que soit respecté de manière illusoire l’individualisme de chacun, et chacun s’enfermait dans son petit mensonge, persuadé d’être plus intéressant et surtout d’avoir une personnalité plus riche que son voisin, alors qu’en réalité ils étaient rigoureusement identiques.
Comme la densité du bar ne faisait que s’accroître, la star et le beauf étaient quasiment collés à moi. J’avais lu une fois que l’espace intime d’une personne se délimitait par une sorte de cercle défini par la longueur des bras comme rayon, mais mon espace lui était défini par un rayon quasi-infini lorsqu’il s’agissait de personnages de ce type. Mais comme j’avais de m’amuser, je laissais pour cette fois de côté mes besoins d’intimité. C’est le beauf qui engagea la conversation en me faisant remarquer également que je serai encore plus charmant si je souriais, quelle originalité c’est ce que les loosers sortaient comme phrase dans quatre-vingt dix pourcents des cas. Je répondais donc par un sourire poli au lieu de me lancer dans une vaine explication, difficile de lui faire comprendre que l’on n’avait pas forcément envie de sourire lorsque l’on était juste à côté d’un gros con. J’attendais alors la seconde réplique qui serait inévitablement le « comment tu t’appelles ? », celle-ci arriva au bout de quinze secondes à peine. C’était toujours ce phénomène de mimétisme, même les manières d’aborder quelqu’un étaient les mêmes. Je connaissais par avance la quasi-totalité du dialogue qui allait se dérouler. Le beauf s’appelait Philippe, il était caissier chez Picard, il avait trente quatre ans (trente huit), il était actif, il aimait beaucoup la dernière compil de FG il n’avait été qu’une seule fois de toute sa vie au Dépôt n’y avait rien fait et il n’aimait pas le milieu. Voilà, tout était là,c’est comme cela que se résumait Philippe, tout comme Fabien de la veille et Patrick de l’avant-veille. Quant à moi, je répondais poliment, je faisait mine de m’intéresser à sa vie en acquiesçant aux moments opportuns, j’ajoutais pour qu’il me trouve extraordinaire et je me foutais ouvertement de sa gueule sans même qu’il s’en rende compte.
Le beauf était à ma gauche et la star à ma droite. Je lui tournais à moitié le dos, du coup elle avait un mal fou à s’incruster, pourtant ce n’était pas faute d’avoir essayé. Ce la avait commencé par des regards insistants et emplis de l’espoir que je lui adresse la parole, des sourire et il me semblaient même avoir aperçu une ou deux moues la bouche en cœur. Puis devant mon manque évident de réaction, elle s’était alors franchement investie dans notre discussion ne manquant pas de rire bruyamment à chacune de mes petites notes d’humour. Mais comme je ne réagissais toujours pas, elle avait finie par s’en aller vexée, non sans avoir fait comprendre au barman pendant dix bonnes minutes qu’elle s’en allait, dans le but vain que ce denier la retienne. Un groupe de trois jeunes mecs un peu prudes s’installèrent alors à sa place. Comme le beauf commençait sérieusement à me saouler, je n’écoutais plus ce qu’il me racontait pour m’intéresser du coup à la discussion des trois nouveaux. Je n’avais plus besoin de me rendre intéressant, j’étais déjà extraordinaire à ses yeux, je me contentais donc juste d’hocher la tête ou de sortir un « oui » ou un « ça dépend » à des moments plus ou moins aléatoires pour faire mine d’être captivé par son discours, de toute façon comme il était déjà à moitié bourré, cela faisait largement l’affaire. J’écoutais alors les trois jeunes qui bien évidemment parlaient avec mépris du milieu dont ils faisaient parti. C’était de vraies collégiennes, les plans culs n’étaient pas pour eux, ils ne couchaient jamais le premier soir, ils attendaient le grand amour, c’était carrément Carrie, Mary et Laura Ingalls perdues dans Pédéland. Histoire d’en rajouter une couche, elles se mirent alors à parler de leur foi, de la religion catholique et compagnie, c’était finalement pire que des collégiennes, c’était carrément des bonnes sœurs. Du coup écoeuré devant ce déballage de bons sentiments, je ne tins qu’à peine dix minutes et me recentrait sur le beauf qui à défaut d’être intéressant était déjà un peu plus rock’n roll
... suivie d'une soirée ordinaire (2)Les autres drags ne semblaient pas vraiment approuver leur camarade, même de sa part, c’était tout de même un peu trop désespéré comme manière d’agir et elles commençaient à s’écarter légèrement pour retourner à leurs affaires avec les trois mecs qui du coup avaient été lassés pour compte. La lilloise était maintenant prise entre le beauf derrière et la drag devant, chacun y allant de ses petites ondulations de bassin, même si de mon avis, le beauf semblait plus tituber qu’onduler. Ce dernier caressait la lilloise, emballait la drag et matait le barman en attente d’une quelconque réaction de sa part. Mais celui-ci détourna rapidement son attention quand un groupe de trois jeunes minets BCB entrèrent, le type même du fils à papa mais qui sent le sexe à 10 kilomètres. Ils me rejoignirent à l’autre bout du bar, non sans avoir jeté un regard dédaigneux sur le show qui se déroulait alors. En plus de sentir le sexe, ils puaient le fric, ceinture Gucci, paire de Prada, chemise Kenzo, à peine majeurs et ils avaient déjà dévalisé la moitié de l’avenue Montaigne ; c’était les mêmes que l’on voyait errer le regard vide et la mine blasée la nuit au Baron ou au Cab. La Gold et le compte alimenté par Papa les avaient grandir trop vite, tout leur était déjà acquis et leur vie n’était qu’une perpétuelle répétition sans but, sans surprise et sans difficulté.
Ils commandèrent chacun une coupe,que le barman s’empressa de leur servir, non sans avoir précisé à l’un d’entre eux (probablement) le plus jeune qu’il était bien plus mignon quand il souriait. Evidemment cette réplique fit mouche, ils jouaient aux adultes mais n’étaient finalement que des enfants, le moindre compliment et tout s’emballait. Leur façade était décidément bien fragile, je ne le savais que trop après en avoir mis plus d’un dans mon lit. Le barman entama alors franchement la discussion, tout en sachant que tout était déjà gagné d’avance. Il devait avoir au plus dix-huit ans, les cheveux bruns mi-longs, les yeux clairs et le teint légèrement hâlé. Il portait une chemise blanche cintrée et parfaitement coupée, un bracelet Dinh Van, un Diesel orné d’une ceinture Gucci et des chaussures de ville, probablement des Kenzo en cuir vieilli. Son visage exprimait l’assurance tandis que ses yeux trahissaient le doute. Il s’appelait Pierre. C’est alors que la star revint, avançant d’un pas assuré vers le bar et surtout vers le barman. Il n’avait plus qu’une chose à faire, jouer la bonne copine avec Pierre. De l’autre côté le trio nymphomane commençait à se calmer vu qu’il n’était plus vraiment le centre ‘attention et surtout que le beauf commençait à s’ennuyer du barman. De son côté la star n’arrivait pas vraiment à engager la discussion avec Pierre, différence de milieu social probablement.
C’ est alors que l’improbable se produit, le beauf vint vers moi et commença à m’allumer, tentant de conquérir ainsi de nouveau l’attention du barman ; la star le prenant en exemple engagea alors la même démarche. Et moi j’étais là, assis tranquillement sur mon tabouret, quand ces deux connards commencèrent à me déblatérer leurs conneries. Le beauf empestait l’alcool, la star empestait Le mâle de Gaulthier. Etant donné que je n’avais rien d’autre à faire dans la demi-heure qui suivait et que dans tout e la clientèle du bar, aucun n’était réellement baisable, je décidais de jouer le jeu.
08/08/2007PSMon blog n'est pas mort, il se repose c'est tout.  |
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