J'écoute : plein, plein de choses et très très bien. Et je chante aussi.
Je regarde : mes mains
Je lis : les bienveillantes (et ça fait un bout de temps)
Je joue : à faire de bonnes résolutions
Je mange : les sablés au chocolat bonne mamant avec du thé pleine lune de chez mariage frère et c'est tres bon.
Je bois : du vin (et ça fait un bout de temps)
Je cite : Le quelconque reste trop répandu tandis que l'exceptionel demeure trop rare (NYC)
Je pense : et ça me fatigue
Je rêve : et j'aime ça, ça m'empêche de penser
(mis à jour lundi 19 mars 2007 à 01:17)

10/05/2006

10/05/06 - 19:04

(2) Un autre matin est possible

5 :14. L’affichage rouge du radio-réveil m’agressait en même temps qu’une douloureuse migraine me réveillait. S’il y avait une chose que je haïssais par-dessus tout, c’était bien d’être réveillé plus tôt que nécessaire, mes nuits étant déjà suffisamment précieuses pour ne pas nécessiter d’être raccourcies. Mon mal de tête m’élançait au niveau du front, comme si un cœur était en train d’y battre et chaque pulsation comprimait davantage la partie frontale de mon crâne. La bouche pâteuse, la gorge et le nez pris, les évènements de la veille me revenaient par flash intermittents, plus ou moins bien compris dans l’état de semi-conscience dans lequel je me trouvais alors.
La soirée s’était poursuivie dans un bar, puis un autre, avec un autre entre les deux. Nous sommes restés quelque temps à l’Open ; à l’urinoir un mec a commencé à se branler en me regardant pisser. Dans la rue j’ai donné deux cigarettes à un couple de sans-abri. A l’Oh Fada, j’ai renversé ma pinte sur le bar, j’en ai donc repris une autre. A nouveau dans la rue, je me suis moqué d’un groupe de lilloises qui s’extasiaient devant la disparition pyromane d’un transformateur électrique depuis leur dernière visite. Au Banana, les gens étaient vieux et les vieux étaient laids. Dans la rue il ne s’est rien passé. Au Raid, il y avait énormément de monde, j’ai mis près de vingt minutes pour parvenir à commander une coupe, et ensuite…

Un bruit étranger me tire de mes pensées ou plutôt de ma tentative d’assembler cette succession de flash en une suite logique d’évènements. Mais d’où venait ce bruit ; au départ j’entendais un simple bourdonnement ou plutôt un sifflement au centre de ma tête, mais là il s’agissait d’autre chose. La tête enfoncée dans l’oreiller, je me mettais à chercher l’origine de ce son. Une canalisation ? Trop sourd. Un voisin passant l’aspirateur, à cinq heure du matin il faudrait vraiment être con, de toute façon je n’ai pas de voisins pour le moment .Un fantôme ? Ma migraine me relance. Et toujours ce son sourd et régulier, telle une vague évanescente.

Décidant de mettre un pied de plus dans la réalité, je m’aventure à tourner la tête de l’autre côté. Et là je trouve l’origine du bruit, un mec endormi. Mais merde, c’est qui lui ?. Je l’observe, ni beau, ni laid, assez quelconque. Bon déjà ce n’est pas le mec de l’urinoir, ni une Lilloise d’ailleurs, ses cheveux ne sont pas décolorés et son gel Leader Price effet mouillé aurait marqué les draps de taches huileuses. Je m’approche précautionneusement de l’étranger, bon vraiment quelconque, à peine la trentaine, plutôt imberbe ; je le hume, JPG, décidément tout est quelconque chez ce garçon. Mais d’où est ce qu’il vient, je ne parviens pas à m’en rappeler. En tout cas la nuit a du être consommée en regard des deux emballages de capotes jonchant le sol. Je le hume de nouveau, odeur âcre, agressive, mélange d’alcool et de sueur, y aurait il un ouvrier dans mon lit. Quoiqu’à y réfléchir, je ne dois guère être mieux, mais tout de même, c’est mon lit.

Je m’assied et commence à réfléchir. Qu’est ce que je vais pouvoir en faire, car il est dans mes draps tout de même. Le réveiller et le mettre dehors, cela semble le plus favorable, mais je n’ai pas envie d’essuyer une scène parsemée d’insultes du genre connard ; en plus avec ma chance,il faudra sans doute que je lui file des taxis. Je regarde autour de moi et voit ses Caterpillars sur le parquet, là c’est sur que le taxi est pour ma poche. Cependant le problème premier, c’est qu’il est toujours dans mon lit. Fumer une cigarette à la fenêtre me semble être un bon point de départ pour une meilleure réflexion. J’allume ma marlboro et m’amuse à dessiner des motifs incandescents dans la pénombre du bout de ma cigarette, cela m’a toujours détendu. Etrange ciel que celui de Paris, ce ciel jamais vraiment sombre où l’on ne voit jamais d’étoiles.

Il me faut tout de même trouver une solution, prétendre une crise d’asthme ou une allergie inconnue, que je dois partir pour l’usine d’ici un quart d’heure, lui dire que mon copain va rappliquer d’une minute à l’autre, ma femme même, appeler le service de ramassage des encombrants. Bon je vais prendre surmoi et finir convenablement ma nuit avec ce jeune ( ?) homme. Je m’approche le plus discrètement possible du lit, tire les draps de façon que seule une partie du tronc et un bras de l’étranger restent couverts et me couche du côté opposé, à la limite que me le permet mon matelas, emmitouflé dans les draps et me rendors.
Horreur, je sens une main étrangère me caresser la cuisse, je me retourne vivement et tombe face à face avec l’étranger me fixant de ses yeux mi-clos. »Bonjour, bien dormi ? » marmonne-t-il d’une voix enrouée. Je n’ai pas le temps de réagir que déjà il tente de violer ma bouche de sa langue. Je me protège enserrant les lèvres, finalement il est laid.

Vite trouver une solution. « Désolé je dois y aller, je suis vraiment à la bourre, tu as du café dans la cuisine si tu veux ». Tout en disant cela, je me lève brutalement, cours vers la salle de bain et me réfugie sous la douche, en souhaitant qu’il aura le bon goût de s’en aller pendant cet intermède. Après m’être lavé soigneusement au moins trois fois, je ressors de la douche plein d’espoir mais je retrouve l’étranger en train de siroter un café tout en m’en préparant un comme une épouse dévouée ; je crois que je vais vomir. Il me faut agir vite, avant même qu’il n’ait le temps d’engager un semblant de discussion.
- Il faut vraiment que tu y ailles là, je suis vraiment en retard
- Oui mais…
- Attends j’ai coup de fil vraiment important à passer.
- Tu ne veux même pas mon numéro ?
- Pas la peine, tu dois avoir le mien quelque part sur ton répertoire.
- Ah oui, c’est vrai tu me l’as donné hier.
Quoi ? Merde !

Enfin l’étranger finit de se rhabiller et quitte l’appartement, non sans avoir une dernière fois tenté d’invaginer ma bouche sur sa langue. En claquant la porte, il me lance un dernier « je t’appelle dans la journée ». Après un réveil aussi traumatisant, je ne me sens pas le courage d’affronter la journée, repars me coucher et me rendors.



commentaires

10/05/06 - 19:52

J'espère que je n'ai jamais été "un mec d'un réveil sans souvenir de soirée "

10/05/06 - 20:18

En tout cas pas avec moi ;p

10/05/06 - 23:47

!!!

(c) Fotex

11/05/06 - 10:51

Gloups.

13/05/06 - 17:55

trop

naze

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